✒️ Par le cheikh éminent :
ʿAbd Allâh ibn Ṣâliḥ al-Quṣayyir
Qu'Allah lui pardonne, ainsi qu'à ses parents et à l'ensemble des musulmans.
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu'Allah couvre de Ses éloges, accorde le salut et la bénédiction à notre Prophète Muhammad, à sa famille et à ses compagnons. Ceci étant dit :
On m'a demandé par certaines personnes :
Existe-t-il une différence entre la récitation du Noble Qurãn à partir du mushaf (Qurãn imprimé) et sa récitation à partir d'un téléphone portable ou d'autres appareils électroniques, tels que les tablettes, qui contiennent le Noble Qurãn sous forme écrite et récitée ?
Je réponds :
Premièrement :
Que chacun sache que la récompense et le profit que retire une personne de sa récitation du Qurãn ou de son écoute dépendent de plusieurs choses, parmi lesquelles :
1. Observer les règles et les bienséances relatives au port du Qurãn, à sa récitation et à son écoute.
Le musulman obtient ainsi une récompense et un bénéfice proportionnels au respect de ces règles et de ces convenances, ainsi qu'au soin qu'il leur accorde, par vénération pour la Parole d'Allah, Son rappel, et pour tout support dans lequel le Qurãn est écrit ou conservé comme moyen de le préserver.
2. Embellir et perfectionner sa récitation (tajwīd), ainsi que mémoriser correctement ce qui est récité, en veillant à la précision de la récitation et de la mémorisation, afin de ne pas entraîner une altération du sens ni une mauvaise compréhension.
3. Méditer le Qurãn pendant sa récitation ou son écoute, en veillant à ce que la lecture soit correcte et psalmodiée, de manière à faire apparaître le sens voulu.
Le lecteur ou l'auditeur est alors touché par cette méditation : il glorifie Allah lorsqu'il rencontre un verset de glorification, demande à Allah lorsqu'il rencontre un verset évoquant Ses faveurs, et cherche refuge auprès de Lui lorsqu'il rencontre des versets de blâme ou de menace concernant les pécheurs qui transgressent les limites fixées par Allah, ou ceux qui se détournent ou s'opposent aux versets d'Allah, à Ses messages et aux prescriptions de Sa religion.
4. Mettre le Qurãn en pratique, intérieurement comme extérieurement, en obéissant à ses commandements, en délaissant et en s'éloignant de ses interdictions, par crainte du châtiment sévère annoncé et dans l'espoir d'obtenir la noble récompense promise. Voilà le véritable effet d'une récitation conforme à ce qui est dû au Qurãn, ainsi que d'une bonne imitation du Prophète ﷺ, dont le comportement était le Qurãn :
il en expliquait le sens, tel qu'il lui avait été révélé par son Seigneur, et le mettait en pratique dans sa guidance et sa Sunna. Qu'Allah prie sur lui et lui accorde la paix.
Deuxièmement
Il ressort de ce qui précède qu'il n'existe pas de différence notable, quant aux règles de bienséance (adab) et aux effets de la récitation du Noble Qurʾān, entre le fait qu'un musulman récite lui-même le Qurʾān dans son mushaf (Qurʾān imprimé), qu'il l'écoute d'une autre personne, ou qu'il l'écoute à partir d'un appareil diffusant le Qurʾān.
En effet, le but recherché est que le serviteur adore Allah en croyant en Sa Parole, en la vénérant, en profitant de Sa guidance et en mettant en pratique ce qu'elle implique, après que le Prophète ﷺ l'a transmise, expliquée et montré concrètement comment l'appliquer.
Troisièmement
Cependant, il est établi que le Prophète ﷺ récitait parfois lui-même le Qurʾān et c'était le cas le plus fréquent , et qu'il l'écoutait parfois de la bouche d'autrui ce qui était moins fréquent.
Il a encouragé à réciter le Qurʾān de mémoire, à le réciter à partir du mushaf, à écouter celui qui le récite et à l'étudier ensemble.
L'une des sagesses de cela est de faciliter les choses à la communauté.
Cela fait partie des aspects par lesquels Allah a rendu le Qurʾān aisé pour le rappel de celui qui veut s'en rappeler, ainsi que pour le faire entendre au polythéiste ou au mécréant que l'on rencontre, afin d'établir la preuve contre lui, de rendre la voie de la vérité claire, de lui ôter toute excuse et de l'amener à agir conformément à celle-ci.
Quatrièmement
La lecture à partir du mushaf imprimé est préférable, en particulier dans les mosquées, pour plusieurs raisons :
1. Parce que c'est lui qui est désigné, de manière absolue, par le terme mushaf. Ses pages sont spécialement destinées à être lues du regard, ce qui est conforme aux textes de la législation islamique et aux paroles des pieux prédécesseurs (salaf).
2. Il est rapporté de certains salaf que le simple fait de regarder dans le mushaf est un acte d'adoration.
3. Parce qu'il contient exclusivement le Qurʾān. Il peut également être accompagné d'une exégèse (tafsīr), des explications des mots difficiles, des règles d'interprétation et d'autres sciences utiles liées au Qurʾān.
4. Parce qu'il manifeste clairement, chez celui qui le lit ou le regarde, le respect et la vénération du mushaf, le soin qui lui est accordé ainsi que l'observance des règles de bienséance relatives à son port et à sa récitation, ce qui constitue un bon exemple pour les autres.
5. Parce qu'il préserve davantage le lecteur des distractions liées aux téléphones et aux tablettes, telles que les applications, les publicités ou d'autres interruptions qui peuvent apparaître volontairement ou involontairement.
Il le protège également de tout ce que les fabricants ou les systèmes d'exploitation peuvent afficher, ce qui peut détourner son attention.
Le diable embellit alors ces distractions afin de le détourner de sa récitation et de sa méditation, d'autant plus qu'il est très facile de passer d'une application à une autre.
Cinquièmement
Quant aux téléphones portables et aux appareils similaires, tels que les tablettes, il convient de ne pas y lire le Qurʾān, en particulier dans les mosquées, sauf en cas de nécessité passagère, comme celle que nous connaissons actuellement, en raison des mesures de précaution en vigueur.
Cela, pour plusieurs raisons :
1. Ces appareils ne sont pas, à l'origine, destinés au Qurʾān et ne sont pas appelés mushaf au sens absolu. De plus, ils ne sont pas utilisés exclusivement à cette fin. Or, en jurisprudence, le jugement est fondé sur l'usage général ou prédominant. Ils ne prennent donc pas, de manière absolue, les règles juridiques propres au mushaf, pour des considérations bien connues des juristes contemporains.
2. Ils ne sont ni vénérés ni respectés comme le sont les mushafs consacrés au Noble Qurʾān, ce qui expose le Qurʾān qu'ils contiennent à être traité avec désinvolture ou banalisé.
3. Même lorsqu'ils contiennent le Qurʾān, ils renferment également d'autres éléments qui distraient de sa lecture ou lui sont contraires.
4. Une personne qui les utilise pour la récitation dans la mosquée ne se distingue pas de celle qui les utilise pour d'autres usages, et c'est une réalité.
Sixièmement
Parmi les bienfaits qu'Allah a accordés à nos gouvernants qu'Allah les préserve figure le fait qu'ils ont orienté les autorités compétentes en matière de santé et de mesures de précaution à autoriser les fidèles se rendant à la mosquée à emporter avec eux leur mushaf et leur tapis de prière lorsqu'ils fréquentent les mosquées, afin que le lien des musulmans avec les mushafs ne soit pas rompu, qu'ils ne tombent pas dans l'oubli et ne soient pas délaissés, en raison du danger que cela représenterait pour les générations futures.
Qu'Allah couvre de Ses éloges, accorde le salut et la bénédiction à notre Prophète Muḥammad, à sa famille et à ses compagnons.
Dicté et rédigé par le pauvre en quête du pardon de son Seigneur :
ʿAbd Allāh ibn Ṣāliḥ al-Quṣayyir
Le 14 Ramaḍān 1442 H.
جوابٌ على سؤال:
هل يوجد فرقٌ بين تلاوةِ القرآنِ العظيمِ من المصحفِ ومن الجوالِ ونحوهِ مما بأيدي الناسِ من أجهزةٍ لوحيةٍ تشتملُ على القرآنِ العظيمِ مكتوبًا ومُتلوًّا؟
لفضيلة الشيخ:
عبد الله بن صالح القصيِّر
غفر الله له ولوالديه وللمسلمين
جواب على سؤال عن قراءة القرآن من المصحف أو من الجوال
بسم الله الرحمن الرحيم
الحمد لله رب العالمين، وصلى الله وسلم وبارك على نبينا محمد وآله وصحبه، أما بعد:
فقد سُئلت من بعض الناس: هل يوجد فرقٌ بين تلاوة القرآن العظيم من المصحف ومن الجوال ونحوه مما بأيدي الناس من أجهزةٍ لوحية تشتمل على القرآن العظيم مكتوبًا ومتلوًّا؟
فأقول: أولًا:
ليعلم الجميع أن الثواب والانتفاع من تلاوة الشخص للقرآن بنفسه أو استماعه من غيره يترتب على عدة أمور منها:
١) مراعاة أحكام وآداب حمل القرآن، وتلاوته، واستماعه، فيحظى المسلم من الثواب والانتفاع بحسب مراعاة تلك الأحكام والآداب والعناية بها؛ تعظيمًا لكلام الله تعالى، وذكره، وما كُتب أو حُفظ فيه من وسائل ضبطه وحفظه.
٢) تجويد تلاوته، وتوثيق ما يُحفظ متلوًّا بصوت؛ ضبط التلاوة والحفظ حتى لا يتسبب في تغيير المعنى، ولا سوء فهمه.
٣) تدبر قارئ القرآن لتلاوته أو استماعه لما يسمع منه، بأن تكون القراءة مجودة مرتلة يظهر منها المعنى المراد، ويتأثر بها القارئ أو المستمع – نتيجة التدبر – فيسبح عند آية التسبيح، ويسأل عند ذكر الفضل، ويتعوذ عند آيات الذم والوعيد في العاجلة والآجلة للعصاة المعتدين لحدود الله تعالى، والمعرضين أو المعارضين لآيات الله تعالى ورسالاته وأحكام دينه.
٤) العمل بالقرآن باطنًا وظاهرًا؛ امتثالًا للأمر، وتركًا وبُعدًا عن المنهي عنه، وحذرًا من الوعيد بشديد العقاب، وطمعًا في نيل الموعود به من كريم الثواب؛ فذلك أثر تلاوة القرآن حق تلاوته، وحسن التأسي بالنبي ﷺ، حيث كان خُلُقه القرآن، بيانًا لما أُنزل إليه من ربه، وتطبيقًا لهديه وسنته – صلوات ربي وسلامه عليه –.
ثانيًا:
تبين مما سبق ذكره أنه لا فرق يُذكر في الأدب والآثار بالقرآن العظيم بين تلاوة المسلم للقرآن بنفسه في مصحفه أو استماعه له من غيره أو جهازٍ يُتلى منه القرآن؛ لأن المقصود هو تعبد العبد لله تعالى بالإيمان بكلام الله تعالى وتعظيمه والانتفاع بهداه، والعمل بمقتضاه بعد تبليغه من النبي ﷺ وبيانه وكيفية العمل به واقعًا.
ثالثًا:
لكن الثابت أن النبي ﷺ كان تارةً يتلو القرآن بنفسه، وهو الأغلب، وتارةً يستمعه من غيره، وهو الأقل، وحثَّ على تلاوته حفظًا، ومن المصحف، وعلى استماعه ممن يتلوه، ورغَّب في تدارسه؛ ومن حكمة ذلك التوسيع على الأمة، وذلك من وجوه تيسير القرآن للذكر للمتذكر، وإسماعه لمن يلتقي به من مشرك أو كافر؛ إقامةً للحجة، وإيضاحًا للمحجة، وإزالةً للمعذرة، وإيجابًا للعمل.
رابعًا:
تُفضَّل القراءة - خاصةً في المساجد - من المصحف الورقي لأمور:
١) أنه هو المصحف بإطلاق، فصفحاته مُعدَّة للتلاوة نظرًا، وذلك الموافق لنصوص الشرع وكلام السلف.
٢) ما أُثر عن بعض السلف أن النظر في المصحف عبادة.
٣) اشتماله على القرآن - خاصةً - وقد يكون معه تفسيره، وما تدعو الحاجة إليه من معاني مفرداته، وقواعد تفسيره، وسائر علومه.
٤) أنه يظهر جليًا من قارئه والناظر إليه احترام المصحف، وتعظيمه، والعناية به، والتزام آداب حمله وتلاوته؛ بحيث يكون أسوةً حسنةً لغيره.
٥) ولسلامته وأمن قارئه من أمور الجوالات والأجهزة اللوحية من برامج أو دعايات؛ تطرأ عليه خطأً أو قصدًا، وغير ذلك من الطوارئ التي تصرفه عن التلاوة أو تُعرض عليه من الشركات المصنِّعة أو المشغِّلة، فتدخل عليه، ويزين له الشيطان الالتفات إليها؛ ليصرفه عن
تلاوته وتدبره؛ لسهولة الانتقال إليها.
خامسًا:
أما أجهزة الجوال وأشباهها من الأجهزة اللوحية فينبغي عدم القراءة فيها، وخاصةً في المساجد؛ إلا في حال الحاجة العارضة؛ مثل حالنا، مع الإجراءات الاحترازية حاليًا؛ لأمور:
١) أنه غير معدٍّ للقرآن أصلًا، ولا يُسمى مصحفًا بإطلاق، وليس كل أحد يستخدمها لذلك، والعبرة بعموم أو غالب الاستعمال، فلا تأخذ أحكامه الفقهية بإطلاق لاعتبارات معلومة لدى الفقهاء المعاصرين.
٢) أنها لا تُعظَّم ولا تُحترم احترام المصاحف الخاصة بالقرآن العظيم، مما يُعرِّض القرآن العظيم الذي فيها للامتهان والابتذال.
٣) اشتمالها – لو وُجد فيها القرآن – على أمور تشغل عن القرآن أو تضاده.
٤) أنه لا يتميز مستخدمها للتلاوة في المسجد عمن يستخدمها لغير ذلك، وهو واقع.
سادسًا:
ومن توفيق الله تعالى لولاة أمرنا – حفظهم الله – توجيه الجهات المعنية بالصحة والإجراءات الاحترازية أن قُرنت الإذن للشخص حيث يذهب للمسجد أن يصطحب معه مصحفه وسجادته في تردده على المساجد حتى لا تنقطع صلة المسلمين بالمصاحف فتخفى وتُهجر لخطورة ذلك على مستقبل الأجيال.
وصلى الله وسلم وبارك على نبينا محمد وآله وصحبه.
قاله وأملاه الفقير إلى عفو ربه:
عبد الله بن صالح القصير
١٤ رمضان ١٤٤٢ هـ